Dans son blog, David Byrne (l’ex-chanteur des Talking Heads) raconte une banale visite chez Ikea à la manière d’un explorateur découvrant une contrée insolite : “Pourquoi est-ce que les choses portent toutes ici un nom étrange? Le moindre récipient, étagère, armoire ou appareil électro-ménager est affublé d’un nom bizarre, comme si les gens de la planète Suède avaient voulu anthropomorphiser tous ces objets, en les nommant du mieux qu’ils pouvaient au gré de leurs rencontres.“
C’est un article de Wikipedia qui lève le mystère. Tous les Fröjsta, Flytta, Aneboda, Tårnby ou autres Uldum qui peuplent les rayons des magasins et des catalogues Ikea, tous ces noms qui fleurent bon le hareng mariné et les aurores boréales, obéissent en fait à une logique précise, à un système de nomenclature subtil qui permet à chacun de s’y retrouver. C’est, semble-t-il, très simple. Les articles de salles de bain portent des noms de lacs scandinaves. Les canapés, les tables basses, les bibliothèques : des noms de lieux suédois. Les lits et les armoires : des noms de lieux norvégiens. Les tapis : des noms de lieux danois (j’ai vérifié, ils n’ont pas osé étendre cela jusqu’aux paillassons). Les chaises : des prénoms masculins. Tissus et rideaux : des prénoms féminins. Les ustensiles de cuisines : mots étrangers, fruits, poissons. Etc, etc…
En fait, c’est le fondateur lui-même, Ingvar Kamprad, qui a eu cette idée parce qu’il était dyslexique et que cela lui serait plus facile à retenir que des codes genre D3-TH67-B. Et c’est ainsi qu’il est devenu l’homme le plus riche du monde, du moins on le suppose.
